Pourquoi le CEV devrait devenir un standard d'authentification du Passeport Numérique Produit

Le Passeport Numérique Produit : une révolution de la transparence

Le règlement européen sur l'écoconception des produits durables (ESPR), entré en vigueur en juillet 2024, transforme profondément la manière dont les produits sont identifiés et suivis tout au long de leur cycle de vie. Son instrument central : le Passeport Numérique Produit (DPP) — un enregistrement digital obligatoire lié à un produit via un QR code, portant des informations sur son origine, ses matériaux, sa réparabilité et son impact environnemental.

Le déploiement est en cours. Les batteries devront être conformes dès février 2027. Les textiles et l'aluminium suivront en 2027. L'électronique et les équipements informatiques seront intégrés progressivement jusqu'en 2030. D'ici juillet 2026, la Commission européenne déploiera un registre central des DPP. À terme, pratiquement chaque produit vendu dans l'UE devra être accompagné d'un DPP.

Une lacune critique : l'authentification

Le cadre DPP soulève une question importante, souvent négligée : comment garantir qu'un QR code apposé sur un produit est authentique ?

Un QR code peut être copié, réimprimé ou substitué. Sans mécanisme d'authentification cryptographique, le DPP devient un outil de transparence manipulable — ce qui contredit son objectif même de lutte contre la contrefaçon et le greenwashing.

C'est précisément le problème que le Cachet Électronique Visible (CEV / VDS) a été conçu pour résoudre.

Ce qu'apporte le CEV

Le CEV est un code 2D signé cryptographiquement, normalisé sous ISO 22376:2023 et ISO 22385. Il contient une charge utile de données structurées et une signature numérique de l'émetteur, vérifiable par tout système conforme via une infrastructure à clés publiques (PKI) — la même technologie qui sécurise les passeports électroniques de plus de 145 pays.

Les propriétés clés qui font du CEV un candidat sérieux pour l'authentification du DPP :

  • Infalsifiable — toute modification des données invalide la signature
  • Non-répudiation de l'émetteur — l'origine du cachet est prouvée cryptographiquement
  • Vérifiable hors ligne — aucune connexion internet requise pour la vérification
  • Déjà déployé — utilisé sur des documents de voyage, certificats de vaccination et sceaux officiels dans le monde entier
  • Standard ouvert — non lié à un fournisseur ou une plateforme particulière

La position de l'AIGCEV

L'AIGCEV travaille activement à positionner le CEV comme un standard d'authentification reconnu au sein de l'écosystème DPP. Les fondations techniques sont déjà en place. Ce qui reste à accomplir, c'est la reconnaissance formelle par les organismes de normalisation européens et internationaux.

La convergence des exigences de traçabilité des chaînes d'approvisionnement et des technologies d'authentification documentaire crée une opportunité unique. Le CEV n'est pas un concept à inventer — c'est un standard mature et éprouvé, prêt à être appliqué à un cas d'usage nouveau et critique.

À mesure que le déploiement du DPP s'accélère, la question n'est pas de savoir si les produits ont besoin d'une authentification cryptographique. La question est de savoir quel standard la fournira.